Chausey : en attente d’une protection effective

À Chausey, un habitat marin vieux de plusieurs siècles attend toujours une protection effective.

Le 6 octobre 2026 EJF et Manche Nature ont remis au préfet de la Manche, Marc Chappuis, une pétition réunissant 12 037 signatures demandant la protection des habitats sensibles de l’archipel, notamment les bancs de maërl, face aux engins de pêche traînants de fond.

Surnommé le « trésor rose » de Chausey, le maërl peut mettre plusieurs siècles à se constituer. Il joue notamment un rôle essentiel de nurserie pour des espèces comme les coquilles Saint-Jacques, les homards, les soles et les praires.

Alors que l’analyse des risques pêche (ARP) est en cours, les associations demandent désormais :

  • un calendrier clair pour l’ARP et l’accès aux données pour les parties prenantes ;
  • des mesures excluant les engins traînants des habitats les plus sensibles ;
  • un accompagnement des pêcheurs concernés vers des pratiques à faible impact.

Cette demande intervient après plusieurs mois de mobilisation et de dialogue entre associations, pêcheurs, scientifiques et pouvoirs publics. L’enjeu est désormais de faire en sorte que l’analyse en cours débouche sur une protection réelle des habitats, tout en accompagnant l’avenir de la pêche locale.

Cette action s’inscrit dans une campagne lancée par un collectif d’associations, dont Défense des Milieux Aquatiques (DMA), Agissons pour le climat Granville Terre et Mer et le CREPAN. 

Le préfet avait déjà assisté, le 9 juin, à un échange entre les associations, le commissaire européen chargé de la Pêche et des Océans, Costas Kadis, et la ministre chargée de la Mer et de la Pêche, Catherine Chabaud. La rencontre de ce jour a permis de revenir sur les décisions attendues pour Chausey, notamment dans le cadre de l’analyse des risques pêche (ARP) en cours.

EJF et Manche Nature ont présenté “Changer de cap : Protégeons le corail de la Manche« , le film réalisé et produit par l’Environmental Justice Foundation (EJF), associant images des fonds marins et témoignages de pêcheurs et d’autres acteurs du territoire. Elles sont également revenues sur la table ronde  « Trêve sur maërl », organisée le 26 juin à Granville. Pour la première fois, des représentants de la pêche professionnelle, des scientifiques, des associations, des élus et une spécialiste du droit de l’environnement ont débattu ensemble, en public, de la protection des habitats et de l’avenir de la pêche locale. Cette table ronde a montré qu’un dialogue est possible, même lorsque les points de vue divergent. Il doit maintenant se poursuivre au moment où se décident les mesures de protection pour Chausey.

EJF a également présenté son rapport sur la réglementation du chalutage de fond dans les aires marines protégées françaises. Celui-ci relève des insuffisances dans les analyses des risques pêche et les mesures de conservation qui en résultent. La protection des habitats de Chausey fait par ailleurs l’objet d’un recours devant le Conseil d’État.

Les associations demandent un calendrier clair pour l’ARP, l’accès des membres du comité de pilotage aux données et aux mesures envisagées, ainsi qu’un suivi de leur efficacité. Elles appellent à exclure les engins traînants de fond des habitats sensibles, notamment des zones de maërl, et à accompagner les professionnels concernés vers des pratiques à faible impact.

« À Chausey, chaque année d’attente laisse des habitats fragiles exposés aux engins traînants. L’analyse des risques pêche doit déboucher sur des mesures qui les protègent réellement, avec un accompagnement concret pour les pêcheurs concernés. L’avenir de la pêche locale dépend des décisions prises aujourd’hui » Marie Colombier, responsable de campagne et du plaidoyer pour les océans à EJF. 

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