Sécheresse dans la Manche : des mesures pour les particuliers, mais pas pour les gros consommateurs ?

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – 26 Août 2025

L’association Manche-Nature s’interroge sur l’équilibre des mesures sécheresse prises par la préfecture de la Manche.

Alors que l’eau devient une ressource critique, nous constatons que les restrictions pèsent principalement sur les usages domestiques ou agricoles modestes, pendant que les installations les plus consommatrices – élevages industriels, méthaniseurs, plateformes de biodéchets – restent largement en dehors du champ des efforts réels.

Où sont les mesures structurelles ?

Le nouvel arrêté cadre sécheresse publié en août 2025 fixe des seuils d’alerte, des niveaux de gravité, et des limitations par territoire.

Mais il passe sous silence l’un des leviers les plus évidents : la réduction de la consommation d’eau des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE).

Porcheries industrielles, unités de méthanisation, usines de traitement de biodéchets…

Tous ces sites peuvent utiliser plusieurs milliers de m³ d’eau par an, souvent à partir de forages privés peu ou mal contrôlés, sans qu’aucune obligation réelle d’économie ou de substitution ne leur soit imposée.

Des choix à contresens des enjeux

Cette orientation soulève un vrai malaise :

  • Les particuliers sont encadrés, sensibilisés, parfois sanctionnés.
  • Les ICPE, elles, bénéficient de tolérances, de dérogations ou d’un silence administratif.

Nous ne contestons pas la nécessité de préserver l’activité agricole ou industrielle.

Mais nous appelons à un traitement équitable, et à une cohérence entre les discours d’urgence climatique et les actes administratifs.

Un arrêté ministériel ignoré

Depuis le 14 mars 2025, un arrêté ministériel autorise, sous conditions, l’utilisation d’eaux impropres (non potables) pour certains usages internes dans les ICPE.

Or, l’arrêté préfectoral de la Manche ne le mentionne même pas.

Il ne fixe aucune obligation de substitution ou d’effort particulier pour les ICPE, alors même que des techniques existent pour récupérer, recycler ou substituer une partie de l’eau utilisée.

Un appel à la responsabilité, pas à la polémique

Notre association ne cherche ni le conflit, ni le procès d’intention.

Mais nous appelons les pouvoirs publics à prendre la pleine mesure de leur responsabilité dans la gestion d’une ressource qui n’est ni inépuisable, ni équitablement utilisée.

L’eau est un bien commun.

Elle ne peut pas être durablement préservée si seuls les plus vulnérables font les efforts.

La présidente, Laura Touvet

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