Communiqué de presse : Entretien des haies

Ne pas tailler les haies pendant la période de nidification du 16 mars au 15 août.

Mais une dérogation a été accordée jusqu’au 1er avril dans certains secteurs du département.

Ne pas tailler les haies pendant la période de nidification du 16 mars au 15 août.

En France, depuis les années 1950, 70% du linéaire de haies a disparu y compris dans des régions bocagères comme la nôtre. La Manche est le département le moins boisé de France mais il compte le plus grand linéaire de haies.
Néanmoins, ce linéaire ne cesse de régresser. En 2024, notre département a perdu 1200km de haies !


Exemples de mauvaises pratiques :

Coupes rases

Haies en « tranches de pain »

Pourtant, les haies rendent de nombreux services écosystémiques aux habitants.

 Le bocage est, ainsi, une réponse au réchauffement climatique. En stockant le CO2 les arbres offrent la possibilité d’avoir du bois combustible avec une empreinte carbone nulle.

Par ailleurs, les haies régulent les inondations, évitent le lessivage des sols, permettent à l’eau de s’infiltrer pour recharger les nappes phréatiques, filtrent la pollution et préservent la qualité des eaux. Les haies protègent des coups de vent et atténuent les pics de chaleur en été. Enfin, le bocage abrite de nombreuses espèces végétales et animales. Il compte de nombreux auxiliaires de culture qui permettent de lutter contre les ravageurs.

Depuis les années 80, les ingénieurs agronomes comme Dominique Soltner ont montré que les rendements agricoles étaient meilleurs dans les champs entourés de haies.

A partir de la mi-mars, la saison de reproduction et de nidification des oiseaux commence. En conséquence, il ne faut pas tailler les haies entre le 16 mars et le 15 août.   L’enjeu est essentiel car actuellement, 32 % des espèces d’oiseaux nicheurs sont menacés d’extinction en France selon l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) et la population générale des oiseaux est en fort déclin, d’après un bilan publié par le Muséum national d’histoire naturelle (MNHN), l’Office français de la biodiversité (OFB) et la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO).

Une procédure dérogatoire liée à des aléas climatiques

Les mois de septembre 2024 et de janvier 2025 ont été exceptionnellement pluvieux (+55% et +70 % par rapport à la normale 1991-2020) sur certains secteurs du département.
Par conséquent, la préfecture applique une procédure simplifiée de reconnaissance de force majeure sur les zones présentant un cumul de précipitation sur les 6 derniers mois supérieur à la normale 1991-2020 (en vert sur la carte jointe; la liste détaillée des communes concernées est téléchargeable en pièce jointe sur notre site).

Cela signifie que si un exploitant doit absolument intervenir entre le 15 mars et le 1er avril sur une haie située dans ces secteurs, il peut le faire sans effectuer de démarche administrative particulière. Il devra toutefois veiller au respect de la réglementation environnementale liée aux espèces protégées que l’on rencontre dans les haies.  Outre la plupart des oiseaux, d’autres groupes sont concernés, « comme les mammifères (hérisson, écureuil, chauves-souris…), les amphibiens (grenouilles, tritons, crapauds…), les insectes (Grand Capricorne, Rosalie des Alpes, Pique-prune…). Or, « la perturbation intentionnelle, la destruction de spécimens d’espèces protégées, ainsi que la destruction, l’altération ou la dégradation d’habitats d’espèces protégées constituent une infraction pénale et les peines encourues peuvent être conséquentes ».

 Il est essentiel que les collectivités, les professionnels et les particuliers évitent, également de tailler les haies et les arbres jusqu’au 15 août.

Changement climatique et mesures dérogatoires : un piège pour les oiseaux ?

Avec le réchauffement climatique, nous savons que les précipitations seront plus en plus importantes.  Leurs cumuls seront, donc, plus souvent voire constamment supérieurs à la normale 1991-2020.    Si, comme c’est le cas depuis deux ans, des dérogations accompagnent les excédents de précipitation, les oiseaux qui ne retardent pas leur nidification mais auraient même plutôt tendance à l’avancer, seront les grandes victimes de ces campagnes tardives.

De plus, nous constatons que les méthodes d’entretien des haies sont de plus en plus impactantes : coupe à blanc, coupe en « tranches de pain » qui ne permet plus à la haie d’assurer la plupart de ses services écosystémiques en terme de biodiversité ou de lutte contre le réchauffement climatique.

Pour permettre à la haie d’assurer ses services écosystémiques dont nous bénéficions, ne retardons pas les périodes d’intervention, revoyons les méthodes d’entretien et arrêtons de les faire disparaître.

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