
Ça « serres » … à rien !
(sauf à faire du profit)
Ce samedi 28 février, plus de 500 personnes — selon la représentante des Renseignements territoriaux présente sur place — ont manifesté dans les rues d’Isigny-le-Buat jusqu’aux serres industrielles. Par leur présence, elles ont exprimé leur vigilance et leur détermination à obtenir du préfet le rejet du projet d’extension.
À en croire la presse, le préfet semble s’inquiéter de l’ampleur de cette mobilisation : près de 150 gendarmes auraient été mobilisés pour assurer « la sécurité » du site. Une dépense considérable d’argent public destinée à protéger des intérêts privés qui n’auraient jamais dû s’implanter dans notre territoire rural — ni ici, ni ailleurs.
Le préfet connaît sans doute encore mal celles et ceux qui se sont mobilisés, et il a manifestement été mal conseillé par ses services — même si, à sa décharge, il vient de prendre ses fonctions. Les organisations à l’origine de cet appel ne sont pas de celles qui brûlent des pneus ou déversent des détritus devant les bâtiments publics. Notre engagement est ferme, mais il est responsable.
À l’instar de FNE Normandie, nous avons réaffirmé notre opposition à l’industrialisation croissante de l’agriculture dans notre département comme ailleurs. Au-delà de ce projet d’extension des serres, nous constatons une multiplication des autorisations accordées à des porcheries et à des poulaillers industriels adossés à de grands groupes financiers. Ces projets ne sont pas sans conséquences : artificialisation accrue des sols, pression sur la ressource en eau, atteintes à la biodiversité et au bocage, pollutions chimiques, dégradation de la santé publique.
Nous avons également rappelé que nous assurons une veille juridique active, avec l’appui de notre cabinet d’avocats. Nous appelons le préfet à prendre la seule décision responsable : refuser ce projet. À défaut, nous contesterons son arrêté devant les juridictions compétentes.
Nos propos lui seront, sans nul doute, rapportés.
Alain MILLIEN



