Zone de protection forte à Chausey

Crédit photo : Grace Bailey

Communiqué de presse – 9 février 2026

La bataille juridique pour la protection des eaux de Chausey s’élargit :

Manche Nature intervient en justice devant le Conseil d’Etat aux côtés de Environmental Justice Foundation et Défense des Milieux Aquatiques pour défendre un site marin d’exception.
Manche Nature (MN) annonce intervenir dans le contentieux engagé devant le Conseil d’État
par Environmental Justice Foundation (EJF) et Défense des Milieux Aquatiques (DMA) pour faire cesser le chalutage de fond au sein de l’aire marine protégée Natura 2000 de Chausey, située au large de la baie du Mont Saint Michel dans le golfe normand-breton. Le chalutage de fond, qui consiste à traîner des engins de pêche lestés sur les fonds marins, est l’une des
principales causes de dégradation des habitats protégés, avec des impacts durables sur les écosystèmes benthiques. À Chausey, ces pratiques persistent malgré leur incompatibilité avec les objectifs de conservation du site.
L’association entend ainsi soutenir une action en justice indispensable pour faire respecter le
droit environnemental et garantir une protection réelle et effective de ce site emblématique. «
Intervenir dans ce contentieux est une évidence pour Manche Nature. Chausey illustre le
décalage persistant entre le statut affiché des aires marines prétendument « protégées » et la
réalité des usages autorisés. Les analyses risques pêche ont commencé mais aucune mesure
n’a été prise pour protéger le site dans l’attente des conclusions. Le droit doit désormais être
appliqué », déclare Laura Touvet, présidente de MN.
L’archipel de Chausey abrite notamment des bancs de maërl relictuels, habitats marins
menacés et protégés à l’échelle européenne. Ces structures vivantes, qui se développent sur
plusieurs siècles, jouent un rôle essentiel pour la biodiversité marine en servant de zones de
nurserie, d’abri et d’alimentation à de nombreuses espèces. Elles concourent donc également à
la bonne santé des pêcheries. Or, le chalutage de fond entraîne leur dégradation rapide et
souvent irréversible.
« Le maërl est l’un des habitats marins les plus précieux mais aussi les plus fragiles, menacé au
niveau national et européen. Autoriser sa destruction dans une aire marine protégée vide de
sens les engagements pris par la France en matière de protection de l’océan », souligne Marie
Colombier, chargée de campagne Océan chez EJF.
Au-delà de l’enjeu écologique, ce contentieux pose la question de la crédibilité des politiques
publiques de protection du milieu marin. « Face à l’urgence écologique, nous attendons
désormais des mesures fortes et concrètes, soit de la part du préfet compétent, soit, à défaut,
de la décision du juge administratif », indique Philippe Garcia, président de DMA.

https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/debout-la-terre/debout-la-terre-du-mardi-10-fevrier-2026-7374485

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